Partir en vacances à vélo avec des enfants en bas âge

Publié sur 2 Commentaires 10 min. de lecture

Après ces jours de confinement à rester enfermés, nous avons eu envie de partir changer d’air. Il était de toute façon déjà prévu que nous partions la première semaine de juillet. Au regard de la situation actuelle, nous nous sommes ôté de la tête de partir très loin. 

Le choix de la destination

Comme une amie nous raconte souvent ses joyeux souvenirs de vacances à Soulac-sur-Mer, en Gironde au bord de l’estuaire, c’est vers cette proche destination que nous avons axé notre choix de vacances. À la base, une soixantaine de kilomètres nous séparent de cette commune… Pour ceux qui ne sont pas du coin (Charente-Maritime), il faut se rendre à Royan pour prendre le bac qui traverse l’estuaire de la Gironde et nous conduit au Verdon à une douzaine de km de Soulac-Sur-Mer. En parallèle, nous projetions de partir en vacances quelques jours à vélo avec les enfants. Finalement, on a couplé les deux projets et nous nous sommes mis à vouloir nous rendre à Soulac-sur-Mer avec nos vélos. Sur Instagram, vous m’avez posé plusieurs questions et je vais tenter d’y répondre au fil de mon retour d’expérience et c’est là qu’il démarre. Le choix de la destination s’est fait ainsi, au fil de la discussion et en souhaitant exhausser ce souhait de partir en vacances à vélo. Pour cet été 2020, nous étions partants pour la plage, ça tombait bien pour un relief adéquat pour faire du vélo. On partira sûrement à la montage fin août… 

Pour information, le tarif est peu cher (environ 5 euros /adulte) pour prendre ce bateau, et on ne paie pas de supplément pour les vélos! Bien sûr, les enfants ont adoré cette traversée !

Vous êtes nombreux à m’avoir demandé si nous avions fait des escales… En fait, on a choisi de faire les 70 km dans la journée mais j’avoue que c’était chaud avec deux enfants de cet âge, le confort d’un siège-bébé de vélo n’est pas le même qu’un siège auto. Cependant, on n’a pas réussi à s’imaginer prendre un hôtel à 30 km de chez nous pour couper le voyage en deux. Juliette a réussi à faire la sieste 45 minutes environ au retour et je sentais sa tête s’appuyer contre moi… Ce sont trois quarts d’heure désagréables mais pas que : Pierre pour son père gesticulait beaucoup et il est arrivé sur le trajet du retour que Juliette s’impatiente dans l’après-midi donc elle bougeait aussi et ça destabilise. Sinon, c’était ok. Rassurez-vous, nous avons fait des pauses : boisson, déjeuner, encore boisson, goûter, un coca à une terrasse, et encore boisson… 

Vous l’aurez compris, on s’orientait vers des vacances sportives et détente mais pas forcément culturelles… Quoique j’ignorais que Soulac était le dernier endroit que la statue de la Liberté offerte par la France aux USA avait touché ! Ainsi, l’aller et le retour ont été les deux plus grosses journées à vélo. Ensuite, nous sommes restés une semaine à Soulac dans la même résidence de vacances : la résidence Goelia qui ne cassait pas trois pattes à un canard mais le rapport qualité-prix était très correct. Les enfants ont beaucoup joué sur la plage, nous faisions nos courses chaque jour à vélo au marché, nous allions prendre notre café chaque matin dans le centre, nous avons fréquenté quelques restaurants, mangé des bonnes gaufres et glaces aux goûters et découvert les plages alentours à quelques kms à la ronde… Du farniente et du calme durant la semaine avec une vingtaine de km à vélo maxi par jour, je crois. Nous aurions été seulement en couple, c’est avec plaisir qu’on aurait pédalé une trentaine de km plus loin pour découvrir quelques vignobles… La présence des enfants et la situation post-COVID ne nous ont pas poussés à le faire… 

Pourquoi partir en vacances à vélo ?

J’y voyais de nombreuses réponses valables alors j’ai demandé à mon Amoureux de me dire la raison numéro 1 de partir en vacances à vélo et il m’a répondu : pour le plaisir !

C’est vrai, nous sommes des amateurs de vélo. Monsieur a toujours aimé cela, seul ou avec des copains, sur route ou en forêts, qu’il pleuve, qu’il vente… Bref, il aime pédaler, et, oh my god, il aime même Le Tour de France à la télé ! Pour ma part, j’ai toujours aimé faire du vélo aussi. Étant adolescente, mes copines et copains d’enfance avaient reçu une mobylette ou un scooter pour naviguer dans la campagne tandis que moi, mes parents étaient contre ces engins-là, les jugeant trop dangereux. Je n’en ai jamais réclamés non plus. Ainsi, pour me rendre voir mes copines et copains dans un rayon de 10 km maximum, je prenais mon vélo. Et j’aimais ça ! Même plus jeune, ma sœur et moi parcourions tous les alentours de la maison à vélo et nous avons participé à des camps-à-vélo… Que de souvenirs !

Aujourd’hui, pour ces vacances, j’y voyais 3 autres raisons :

  • le défi sportif de partir bien chargés avec, pendant une semaine, nulle autre ressource pour se déplacer que nos jambes ! Je précise donc dès le départ que nous n’avions pas de vélo électrique mais un VTC pour moi et un VTT pour Monsieur. 
  • une satisfaction écologique : des vacances sans polluer la planète, ça nous plait. 
  • le défi minimaliste : partir à vélo avec deux enfants en bas âge implique de réduire ses bagages au minimum car chaque futilité peut peser son poids. 

Pourquoi partir en vacances à vélo avec des enfants de cet âge ?

Nous souhaitions vraiment faire cette expérience de partir rien qu’à vélo… Nous avons des enfants, nous souhaitons les emmener en vacances et n’avons personne pour les garder à dormir donc c’est aussi simple que ça ! La question de faire sans eux ne s’est pas posée. La question est surtout, pourquoi cette année ? Parce que Pierre fait du vélo avec les roulettes et d’ici quelques semaines, il devrait s’en passer… Sauf qu’il est encore trop jeune pour un tel périple sur son propre vélo et il le sera encore quelques années. Donc c’était la dernière année où nous pouvions vivre cette expérience avec les deux enfants en siège-bébé, Pierre pesant actuellement le poids maximal autorisé du siège bébé, soit 22 kg !

L’équipement de base

J’ai mis une galerie, vite fait, pour illustrer… Puis je me suis dit que j’allais me limiter en images car ça partait vite jusqu’au lien de ma petite culotte, vous voyez ? Si, si, elle fut importante pendant le trajet mais on va en reparler. Bon, quel est l’équipement de base pour partir en vacances à vélo avec des enfants en bas âge ?

Le matériel et la tenue

Pour commencer, il faut avoir la forme et au mieux, s’être un peu entrainé à pédaler sur de longues distances et/ ou chargé… Monsieur a trainé plus de 50 kg (mon grand + la remorque) sur 70 km, il avait la sensation d’être toujours en côte ! Aussi, le truc d’être un peu entrainé, c’est qu’on peut mieux estimer le temps qu’on va mettre pour arriver à destination. C’est important quand on a une échéance comme l’horaire de bateau, etc.

Ensuite, il faut un vélo qui tienne la route. Mon vélo est un Btwin de Décathlon que je vous ai montré dans cette vidéo puisque je l’ai reçu à Noël et il convenait parfaitement pour de telles vacances même si on peut toujours avoir mieux (remarque inutile puisque tu peux te dire ça pour tout : tu pars peut-être en Clio en vacances mais tu serais sûrement mieux dans un Audi Q5). 

Pour ce genre de voyage, je recommande vivement un renfort aux fesses : j’ai une housse rembourrée sur ma selle et je portais une culotte en coton (bref, il faut porter des sous-vêtements de sport confortables) mais seulement un pantalon en lin… Mon Amoureux, lui, a une combinaison renforcée aux fesses et ça permet de bien mieux tolérer le voyage. J’aurais dû acheter la même chose pour femme pour ce voyage et mes fesses m’auraient dit merci ! 

Comme nous n’avons pas eu une semaine des plus fantastiques côté ensoleillement, j’étais heureuse d’avoir amené mon coupe-vent Kalenji (Décathlon) qui se range en boule dans une petite poche.

Les enfants étaient assis dans des sièges-bébé Décathlon classiques (clique sur l’image de la galerie) et tous les 4, nous avions un casque vélo ! Le casque vélo ne fait pas visière, la crème solaire était de rigueur !

Pour plus de sécurité, nous avions emmené deux chambres à air de vélo par type de roue (même la remorque) au cas où il y aurait crevaison, ainsi que le matériel nécessaire au changement de cela… 

À cette saison, il faut prévoir des litres et des litres d’eau !! Chaque adulte dispose d’une gourde de 750 ml et j’ai fait l’erreur de ne remplir que cela en partant alors que mon Amoureux aurait bu la mer et ses poissons… « T’as pas fait Pékin Express, toi! » lui ai-je dit ! Et j’ai sonné à une porte où un couple agréable m’a rempli les gourdes ! Bien sûr, j’avais prévu le déjeuner et le goûter dans mon sac à dos. 

Autre détail : il est bien de préparer son trajet avec une carte routière et de prendre cette carte (au cas où la batterie du téléphone ou le réseau feraient défaut).

Les bagages

Comme les sièges-bébé ne permettaient pas d’avoir un sac-à-dos volumineux ou de mettre des sacoches sur le porte-bagages, nous avons opté pour une remorque (clique sur l’image de la galerie) pour 80 euros sur Amazon. Bien que la qualité soit modeste, elle a fait l’aller et le retour sans encombre. Pendant la semaine, nous ne nous en sommes pas servi. 

Côté bagage, les voici : 

  • un sac de randonnée et une valise dans la remorque,
  • un sac à dos sur mon dos. 

Quelques tips que j’ai employés pour ces bagages : 

  • J’ai choisi des formats miniatures pour les produits de toilette et aussi des produits solides (savon main, déodorant, baume multi-usage) au maximum car ils prennent peu de place et ne se déverseront pas dans les bagages,
  • J’ai pris un petit savon de marseille pour laver les vêtements à la main sur place,
  • Vêtements Juliette : un maillot de bain, un pyjama-short, 4 hauts, 2 shorts, 2 bavoirs, 2 gilets, et elle est partie avec, sur elle, un pantalon, un haut à manches longues et son blouson léger. J’ai pris quelques couches pour ensuite, acheter le reste des couches sur place. 
  • Vêtements Pierre : un maillot de bain un pyjama-short, une dizaine de boxers, 3 t-shirts et deux shorts. Il est parti avec, sur lui, un pantalon, un t-shirt à manches longues et une veste en jean. 
  • Vêtements Monsieur et moi-même : nous sommes partis avec chacun, une casquette, deux shorts et 4 t-shirts, un maillot de bain, une paire de tongs et le bon nombre de sous-vêtements pour la semaine (j’entends qu’on a pu se changer chaque jour sans laver les petits-dessous à la main). De mon côté, j’ai aussi pris un pyjama-short. Monsieur avait une paire de baskets dans les bagages puisque les chaussures qu’il avait aux pieds pendant le trajet sont des chaussures VTT avec crampons pour accrocher les pédales. 
  • Nous avons pris un chapeau pour chaque enfant et nous les avons empilés l’un sur l’autre et remplis de chaussettes pour qu’ils gardent leur forme. 
  • Dans le fond de la valise, je glisse toujours un grand tote bag en coton pour mettre le linge sale au retour.
  • Côté draps de bain et de plage, j’ai opté pour les serviettes microfibres Nabaji de Décathlon car elles prennent peu de place et sèchent rapidement (pour la cuisine et les mains, j’ai opté pour 2 torchons assez fins).
  • Dans la valise, je plie les vêtements à la japonaise (ou à la Marie Kondo) en les rangeant dans la valise à la verticale ou je les roule : on économise de la place. 
  • Je fonctionne aussi par trousses fines et pochons, pour segmenter au mieux le contenu de mes bagages et retrouver ce qu’on cherche sans tout déranger. 
  • Pour la plage, nous n’avons pas pris de parasol bien évidemment, mais vu la configuration de la remorque, on aurait pu caler notre tente de plage entre le sac de randonnée et la valise, à la verticale, elle n’aurait ni pris de place, ni pesé. Mes enfants avaient un chapeau, des lunettes de soleil et de la crème solaire. 
  • Pour tout ce qui est consommables ménagers s’achetant en trop gros volumes pour une semaine, j’ai réussi à glisser le nécessaire dans nos bagages, à savoir : 3 rouleaux de papier toilette, 2 grands sac poubelle et 2 petits (pour la salle de bain), 5 dosettes de lave-vaisselle…
  • Pour la lecture, j’ai pris un livre fin et monsieur à pris son Kobo : toute une bibliothèque à disposition pour très peu de place.
  • Gros regret d’avoir pris le Macbook Pro sur le dos pour clôturer un article (chose qui ne s’est pas faite faute de soucis de connexion). 

Le constat déplorable

La France n’est vraiment pas bien équipée en pistes cyclables, la priorité est clairement donnée aux voitures et/ ou les détours à faire pour rejoindre une piste cyclable sont démesurés. Chaque route refaite devrait laisser place à une belle piste cyclable pour que les vélos puisse rouler en sécurité. La Hollande devrait être un modèle sur ce point.  

Et toi, es-tu déjà parti en vacances à vélo ?

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2 Commentaires
  • Carla
    juillet 23, 2020

    Bravo pour cet article très complet, vu comme ça ça donne envie mais je ne suis pas habituée à pédaler sur de si longues distances, à peine 10 kms et le lendemain je ne peux pas marcher ! lol
    Merci beaucoup pour cet article et à bientôt

  • Alexia
    août 7, 2020

    Super article! Merci d’avoir pris le temps de nous le partager… ça me donne envie de faire la même chose avec mon petit loup de 23 mois! ☺️ Bel été à toi et ta famille Justine. Alexia