Regimber #lesmotsiceberg #1

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 REGIMBER, quel joli mot on m’a donné pour démarrer Les mots iceberg, ce mot signifiant selon le Larousse :

Résister, se montrer récalcitrant

lAROUSSE.FR
le mot étant initialement prévu pour parler de la ruade d’un cheval qui ne veut pas avancer.
En bref, regimber m’a fait penser a mon garçon. Regimber, c’est refuser d’obéir et bien qu’il n’ait que bientôt 5 ans, il est professionnel en la matière, bac + 18 en désobéissance, mention bien à peu près (oui parce qu’il lui arrive d’obéir, parfois).
Oui un prodige en goûters acrobatiques sur sa Stokke de compétition, comme vous pouvez le voir !
En fin de vacances de Noël, j’avais posté une photo sur IG en disant que mon fils avait été adorable, que nous avions passé de superbes moments avec lui, qu’il grandissait et que les interactions et les discussions étaient de plus en plus intéressantes.
 
Suite à ce post, plusieurs personnes m’avaient demandé comment je faisais pour me faire obéir, quelles punitions j’avais déjà mises en place… J’avais souri en lisant ces questions car je crois souvent avoir un des enfants les plus désobéissants du monde! Vous le pensez aussi? Alors vous n’êtes pas seuls!
En fait, c’est faux, c’est juste un gosse!
Pierre fait partie des enfants qui regimbent, oui oui et constamment. C’est éreintant, en particulier quand on est fatigué d’avance… Là réside toute la difficulté de la parentalité : puiser les ressources au fond de soi pour ne pas partir en vrille. Lorsque la tension monte, je me venge souvent sur le grignotage, je me dis que c’est toujours mieux que de perdre patience et de le regretter. On puise où on peut mais je crois que mes fesses souffrent d’être l’image de mon abnégation. Qui plus est, je sens que la descendance adore tester ma constance… Il m’a fallu beaucoup de recul pour accepter qu’il était peine perdue de me faire obéir au sens strict du terme.
On use et abuse donc de stratagèmes socioprofessionnels, dont ceux qu’on apprend parfois pour manager une équipe : faire croire que l’idée de l’objectif désiré vient de lui est une des premières astuces. Détourner l’attention est une autre option, et il y en a plein d’autres pour une parentalité que je trouve plutôt créative que positive !
Avant tout, Pierre a besoin de comprendre une consigne quand elle est donnée alors forcément, d’un œil extérieur, on a déjà pu me dire « qu’il avait du mal avec l’autorité des adultes ».
 
La fois où on m’a dit cela, ça m’a fait de la peine qu’on juge mon formidable petit garçon sans le connaître.
Mon mini-nous est plutôt calme et très poli, ça j’en suis assez fière. Il est souriant et aime faire plaisir à ses proches, qu’ils soient contents. Il sait aussi jouer intensément et bruyamment! Avec sa sœur, il peut être aussi brute que bouleversant d’attention. C’est un esthète qui embellit chaque histoire par sa propre imagination. Cette imagination, cette créativité lui permettent de jouer avec quasi rien dans les mains, pendant des heures et de ce fait, il réclame peu. C’est un enfant agréable qui s’adapte à tout et partout, il est tout-terrain comme j’aime dire et assez suiveur donc il reste facile à vivre. Il est doté d’un sens de l’humour assez mature pour son âge et a des réparties super malignes, y compris lorsqu’il s’agit de négocier ou refuser quelque chose qu’il percevra comme un ordre. Je suis souvent consternée à quel point il a oublié d’être sot ! Une certaine irrévérence le caractérise et j’ai tendance à croire qu’elle est commune à tous les enfants.
Je crois que ce qui change d’un enfant à l’autre, c’est la réaction des grands et ainsi va ensuite l’effet boule de neige. Je ne peux pas dire qu’il fasse partie des enfants dociles qui vont rentrer dans les cases que la société a définies.
Parfois, ça m’offusque, je l’avoue. D’autres fois, ça me rassure qu’il use de son propre discernement pour refuser ce qu’il estime ne pas être sa priorité ou son besoin propre, qu’il regimbe d’être enfermé dans une case étriquée, qu’il exprime sa singularité avec aplomb.
La sienne est intense à vivre et follement attachante et je vois sur cette chaise un petit garçon heureux. Tant qu’il respecte les autres et qu’il est en sécurité, j’essaie de me moquer de cette désobéissance. 

Regimber parfois, s’obéir à soi-même un peu, n’est-ce pas ça la clef du bonheur ?

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