. 15 phrases à dire pour achever une jeune maman - Bien dans sa peau

15 phrases à dire pour achever une jeune maman

mercredi, juillet 24, 2019 21 Permalink 0

À peine on annonce être enceinte d’un trimestre qu’il y a ces petits et grands conseils. Ceux que l’entourage, plus ou moins proche, vous assènent sans qu’on n’ait rien demandé. On écoute d’une oreille, attentive ou non. On en prend, on en laisse, tout cela part souvent d’une bonne intention… Et puis, lorsqu’on est enceinte, exceptées quelques périodes où on pourrait pleurer devant un épisode de Petit Ours Brun, on a cette faculté à ce que tous ces propos nous glissent dessus telle une toile cirée.  

Après la naissance, c’est différent. Alors qu’on s’imaginait, le teint rosé de bonheur, tenant la main du papa, plus amoureux que jamais, à observer bébé dormant dans son lit aux draps coordonnés, la réalité est tout autre.

Apeurée, tu te croises dans le miroir et tu te découvres, les cernes jusqu’aux genoux, dans un short de grossesse difforme, les cheveux gras, le t-shirt auréolé qui sent le lait caillé, bébé dans les bras en train d’hurler parce qu’un REF, c’est compliqué. Tellement sidérée, tu ne vois même plus la maison en vrac en arrière-plan. Tu observes la forme de ton ventre et tu te demandes quand ce bide-illusion-4-mois-de-grossesse va plier les gaules. 

Tu laisses vite tomber ton ego, tu rappliques mécaniquement aux toilettes car l’aîné appelle « Maman j’ai fait caca » alors que t’avais à peine ouvert ton échantillon de crème à la lanoline pour tes tétons en feu. Où pose-t-on bébé dont la couche a débordé ? 

Soit tu viens de vivre un accouchement voie basse et en mode pingouin, tu te rends aux toilettes t’occuper du bambin. Toi aussi tu as envie mais tu es terrifiée à l’idée de faire quoique ce soit qui implique de pousser.

Soit tu viens de vivre une césarienne (et tu portes des bas de contention avec ton short pour rehausser ta classe post-partum) et tu ne sais pas dans quelle posture exécuter ce geste anodin. Quand soudain « driiiiing », il y’a de la visite ! Au milieu de cette scène aussi anarchique que le moral de l’actrice principale, une phrase de trop envers cette dernière peut donner le coup de grâce ! 

1) « On dirait que t’as pas accouché, tu comptes bientôt perdre du poids ? » « Faudrait peut-être appuyer sur sa tête pour qu’elle reprenne la bonne forme, non? » – ta grand-mère pour qui l’apparence est importante. 

2) « Le frigo est vide » – le papa, un dimanche soir à 19h30, quand t’habites dans la cambrousse et que tu n’as pas pris une douche depuis 48 h…

3) « À quelle heure je peux passer peser votre enfant selon ses horaires de tétée ? Combien de temps dure chaque tétée ? Le bébé alterne bien entre chaque sein ? Combien de tétées par jour de minuit à minuit ?  » – la sage-femme questionnant ton regard égaré, alors que tu tentes d’allaiter ton bébé à l’anarchie, … oups à la demande ! 

4) « c’est pas étonnant qu’elle ne dorme pas, avec ta lubie à refuser de lui donner une tétine » – le Papa, soudain mort par le fusillement de tes yeux noirs. 

5) « ouah t’as un sacré look avec tes bas, tu t’apprêtes à poster un nouveau lookbook sur ton blog?! » – ta meilleure copine qui croit faire une bonne boutade alors que t’es en pleine chute d’hormones et donc de dévalorisation de ta personne. 

6) « je vais aller au badminton ce soir » – le Papa alors que tu rêvais qu’il prenne le relais pendant que tu allais roupiller. 

7) « non, pas toi Papa, c’est Maman qui me lit une histoire » – ton grand alors que t’as pas fini de manger, avec bébé pendu au sein.

ou bien « non pas toi Maman, c’est que Papa qui joue avec moi » – ton grand avec qui tu avais une heure pour espérer remplir son réservoir affectif trop peu comblé par manque de disponibilité. Hashtag culpabilité. 

8) « Alors vous pensez faire quand le suivant ?! Prêts à remettre ça vu la bonne mine que tu as! » – ta collègue morte depuis par strangulation avec un tuyau de ton tire-lait…

9) « Arrête de te plaindre, t’as voulu un autre enfant, alors maintenant voilà » – ta mère qui sait appuyer là où ça fait mal.

10) « ah non l’allaitement c’est pas pour moi, oh mon dieu quelle horreur, j’ai l’image de la vache » – ta sœur et toute sa spontanéité. 

11) « ta fille me fait penser au fils du frère d’une amie à moi. Il faisait des crises chaque soir dès qu’il voyait son lit, et ça durait bien une heure hein ! Les pauvres parents étaient désemparés. Enfin, finalement, à 3 ans et demi, il a fini par faire ses nuits » – une abonnée sur Instagram qui sait te transmettre de l’optimisme. 

12) « Les cousins sons arrivés, on se rejoint tous pour 16 heures à la plage, on pique-niquera sur le sable, j’amène des bières. Demain il mange chez untel et mercredi soir, on mange chez toi ?  » – ta famille qui a un décalage spatio-temporel avec ton quotidien, c’est certain. 

13) « bon allez je vais la prendre, tu es sur les nerfs… Viens voir Papa ma chérie »

« comment ça sur les nerfs? Non je ne suis pas sur les nerfs, tu m’énerves, t’as qu’à dire que je fais tout mal, merde, ça fait 3 heures qu’elle tête en grappe toutes les 18 minutes, tu comprends que je suis à bout non? Mais je ne suis pas sur les nerfs, arrête de dire ça  » – une conversation constructive, entre parents, à 22h30. 

14) « Depuis que ma petite sœur est là tu ne joues plus avec moi » – ton aîné, d’un ton tristounet histoire que tu te sentes davantage accablée par la culpabilité. 

15) « ah bon? Le mien, il ne pleure jamais, je ne connaissais pas les pleurs du nourrisson avant d’entendre ceux du tien ! Et sinon, je t’ai dit qu’il a fait ses nuits quand on est rentrés de la maternité ? Le bébé parfait! » – moi au sujet de mon grand quand je n’avais que lui… Un moi avec qui j’aurais coupé les ponts si j’avais été la maman en galère en face. 

Et toi, y a-t-il des phrases de ce genre qui t’ont achevée?

21 Commentaires
  • Alexia
    juillet 24, 2019

    Abonnée de l’ombre (mais qui ne manque aucune de tes vidéos ni article sur le blog), je ne peux que te remercier pour cet article! Je n’ai qu’un petit garçon de 10 mois mais je me reconnais beaucoup dans certains passages… ça fait du bien de savoir que finalement, au sein de chaque foyer, nous avons (presque) tous les mêmes galères! Merci pour ton partage

    • Justine
      juillet 24, 2019

      Bonjour Alexia, ravie que tu sortes de l’ombre, c’est vous, les abonnés, les lecteurs, qui faites vivre ce contenu par vos échanges et partages ! Ravie que cet article t’ait plu, pense à le partager sur tes réseaux sociaux à l’occasion ! ;) bisous et bon courage !

  • Karine
    juillet 24, 2019

    Bonjour Justine, ton petit mot a lire ce matin m’a fait un peu de bien… Et oui maman et meme grand maman d une tribu de 26 donc petit fils de 5 ans, 23 et 19 et de plus belle maman de 23 21et 14
    Bref que du bonheur lol…. Certe mais des soucis aussi…. Et des mots qui ont du mal a passer
    On veut etre parfaite, que tout le monde aille bien et avec le travail, on fait ce que l on peut
    Pourquoi est ce que les réflexions des autres
    « Faut pas faire comme ca…. Il faut faire comme ça »
    « Je comprends pas pourquoi tu as fait cela »… Blessent autant ?
    C est pas les hormones pas d excuses ou alors la prenopause lol… Etre trop sensible surement
    Je me permet de te faire un bisous et de te souhaiter trouver cette zen attitude qui nous manque si souvent, cette énergie positive…. Profite bien de tes petits loups c est que du bonheur malgré tout…. Et bonne chaude journee

    • Justine
      juillet 28, 2019

      Salut Karine,

      certes, ce sont sûrement les années de maman les plus physiques de ma vie et en même temps, je sais que ce seront sûrement celles que je regarderai plus tard avec le plus de nostalgie…

      bisous

  • Khadija
    juillet 24, 2019

    Coucou Justine !

    Je vois que je ne suis pas seule à avoir vécu ces moments que tu décris,
    Merci pour ce partage. Ça déculpabilise et permet de se rendre compte qu’on n’est pas seules. Rare sont les jeunes mamans à reconnaître la réalité…
    Comme pour nous toutes, ces périodes difficiles et usantes sont passagères. Courage.

    • Fannouch63
      juillet 24, 2019

      Je rajouterai « Et ce soir elle dort dans son lit hein! » De ma belle soeur, le lendemain de sortie de mater, en pleine scène apocalyptique de baignoire qui fuie et bébé qui hurle… euh comment dire vas te faire voir poliment ?

      • Justine
        juillet 24, 2019

        Ah ah ah je l’ai eue 14 fois celle-là comme si celui qui énonce ça était celui qui vivait les nuits avec le bébé !

    • Justine
      juillet 28, 2019

      effectivement, les années les plus privantes de sommeil mais aussi les plus belles certainement !

  • Aude C
    juillet 24, 2019

    Quelle plume et quelle sincérité !merci pour cet article!

  • Sophie
    juillet 24, 2019

    C’est criant de vérité, toutes les mamans s’y reconnaîtront ! Ce sont des moments difficiles, mais qui passent vite au final, et qu’on se surprend même à regretter parfois.. mes enfants ont maintenant 12 et 8 ans, et ces années sont passées si vite !
    Bon courage et gros bisous à toi que je suis dans l’ombre mais dont j’apprécie beaucoup le travail et les partages.

    • Justine
      juillet 28, 2019

      Oui, comme dit plus haut, j’imagine aussi souvent que ce sont les années que je regretterai plus tard ! Encore l’ambivalence des pensées maternelles ! J’ai un gros coup de fatigue mais ça passera…
      bisous

  • Marion
    juillet 24, 2019

    C’est tellement vrai tout ce que tu racontes. C’est une période émotionnellement difficile l’arrivée d’un enfant. Ça change une vie de couple, une vie de famille et un corps de femme… c’est vraiment pas le moment pour supporter les réflexions, remarques ou « bons conseils » !
    Chez moi le plus dur ça a été de gérer les remarques sur la prématurité de mon fils… une vendeuse de puériculture qui me dit « non on a pas de gigoteuse inférieure à 60 cm. Quelle idée de faire un bébé si petit »…j’ai fondu en larmes. Je sortais de la néonatalogie pour faire cet achat demandé par l’equipe de pédiatres. Fallait que je trouve une gigoteuse pour un bébé de 40 cm à peine…. j’ai pleuré les larmes de mon corps. Ma culpabilité était déjà énorme et la j’ai craqué.
    Idem pour les gens qui te disent « c’est bien les nuits sont faciles vu qu’il est à l’hôpital »… c’est sur! Je passe mes nuits à pleurer et à appeler les infirmières parce que je suis seule avec le papa pendant que notre bébé est à 25km dans une couveuse…
    les réflexions sur le physique mais comme tu n’as pas de poussette, les gens pensent que t’as pas accouché! C’est sympa aussi..
    Et pour finir les « il a l’air normal pour un prématuré »…
    La chute d’hormones c’est dur, la chute d’hormones en passant ses journées auprès de son bébé en réanimation puis en néonat’, c’est Terrible.. rentrer chez soi sans son enfant et subir les réflexions.. c’est insoutenable. J’ai bcp pleuré et sans le papa j’aurai pas tenu le choc.
    Merci Justine de mettre des mots là ou ça fait mal.
    Marion

    • Justine
      juillet 28, 2019

      Salut Marion, oh oui j’imagine comme ça peut être dur et traumatisant comme expérience.
      Mais je suis bouche bée de lire ce qu’on a pu te sortir : bon la nana du magasin de puériculture elle ne devrait pas travailler là, c’est clair, mais je crois que le « c’est bien tes nuits sont faciles comme il est à l’hôpital », c’est odieux !
      Aïe aïe aïe
      gros bisous

  • Maryooo1
    juillet 24, 2019

    Tellement vraies, je crois que je les aies toutes vécues, surtout avec deux petits de 5 ans 1/2 et 15 mois , dans ces moments là on puise dans nos ressources, on pense à l’avenir, à la prochaine douche comme si c’Était les prochaines vacances ! Une fois je me suis rendue compte que j’avAvis oublié de me doucher, et une fois à 22 h je me suis dit «  allez tant pis, je craque pour ce petit yaourt en dessert » alors qu’en fait j’avAis oublié de manger mon repas du soir…merci et bon courage !

    • Justine
      juillet 28, 2019

      ah ah ah, j’ai ce genre de vécu aussi !

  • Alison
    juillet 25, 2019

    Bonsoir
    Je me reconnais dans certains passages et puis dans d’autres pas du tout mais bon c’est normal mais les réflexions des gens sont tellement déplacé parfois que je me demande si c’est juste par bienveillance réel ou méchanceté profonde. Moi je venais d’accoucher tout frais tu peux pas faire mieux lendemain premiere visite et je ne sais plus très bien qui de ma belle famille m’a dit faudrait penser à mettre des gaines pour rafermir ce ventre faudrait pas attendre et te laisser aller après ce sera trop tard !!! Tellement de bienveillance et d’amour avec cette remarque post lendemain de l accouchement après avoir eu une journée entière de travail une réaction à la péri etc etc tu as bien besoin d’entendre qu’en plus tu es grosse et moche enfin maintenant autant en rire un.

    • Justine
      juillet 28, 2019

      Salut Alison,

      oui une partie des phrases citées est vraiment déplacée… Les autres, la majeure partie (ouf!), ça te flingue juste parce que t’es au bout du rouleau et que t’as pas besoin d’entendre ça.
      bisous

  • Valentine
    juillet 25, 2019

    Par le papa depuis le retour de la maternité : « qu est ce qu elle dort bien depuis 1 semaine, c est fou elle fait déjà ses nuits! »
    Non non chéri tu n entends pas ta fille c est différent…!

    • Justine
      juillet 28, 2019

      J’ai souri en te lisant et je compatis avec le papa. Je fais partie de ces personnes qui ont le sommeil ultra-lourd… D’où bébé 2 qui a dormi dans ma chambre quelques mois avant d’aller dans la sienne.
      bisous

  • Aurore
    juillet 29, 2019

    Bonsoir Justine,
    Article qui fait du bien du moral !!
    Merci beaucoup …
    Des bisous
    Aurore

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