Césarienne – 2 ans après

Publié sur 3 Commentaires 13 min. de lecture

Cela fait maintenant plus de 2 ans que ma jolie fée est née. Quelques semaines après sa naissance, je vous ai raconté comment s’était passé l’accouchement et le retour à la maison, puis j’avais répondu à vos questions dans une autre vidéo. Depuis que ces vidéos sont en ligne, je reçois encore régulièrement des questions sur la césarienne, comment je l’ai vécue pendant et après. Je pense avoir exhaustivement partagé mon ressenti pendant la césarienne dans les deux vidéos citées ci-avant. En outre, je trouve qu’il peut être intéressant aujourd’hui de vous parler de mon rapport à cette opération chirurgicale, des séquelles physiques et mentales qui s’en dégagent et comment j’ai fait pour les traiter. 

Qu’est-ce qu’une césarienne

Je n’écris pas ce paragraphe pour copier le dictionnaire ou un quelconque paragraphe de Wikipedia mais pour rappeler que la césarienne n’est pas une intervention anodine de confort. Une césarienne et un acte chirurgical permettant de sortir le(s) bébé(s) en incisant l’abdomen et la partie inférieure de l’utérus. Elle peut être programmée ou d’urgence et concernerait une femme sur cinq en France. Le chirurgien entaille et soulève peau, graisse, aponévrose, muscles et péritoine avant d’accéder à l’utérus. Comme toute intervention chirurgicale, la césarienne comporte des risques.

Rappel synthétique de mon histoire avec la césarienne

Ma fille se présentait en siège durant tout mon dernier trimestre de grossesse… Ni l’acupuncture, ni l’hypnose, ni la version manuelle externe ne l’ont décidée à regarder le sol. Non, elle préférait écouter mon cœur de plus près. Mon pelviscan m’ouvrait la possibilité d’accoucher par voie basse, comme j’ai pu mettre au monde mon fils. En revanche, bien que j’aie vécu tout le travail sans péridurale jusqu’à dilatation rapide à 10 cm, ma fille ne descendait pas dans le bassin. Le chirurgien gynécologique après lui avoir laissé presque 3 heures pour descendre sans succès, m’a fait une césarienne d’urgence. J’ai passé deux de ces 3 heures avec un rachis et une pose de péridurale, l’anesthésiste n’ayant pas compris comment j’avais pu envisager de m’en passer jusque là! Selon son expérience, l’accouchement en siège est plus douloureux car la tête passe en dernier et si la mère n’arrive pas à expulser seule, l’intervention du gynécologue pour sortir la tête peut être très douloureuse. En l’occurence, mes contractions étaient extrêmement douloureuses et c’est dingue à quel point j’ai pu sentir les fesses de mon bébé appuyer sur le col et le périnée. 

Lorsqu’on m’a emmenée au bloc, j’ai très mal vécu l’idée de la césarienne et j’ai fait une crise de panique sur la table. Voilà pourquoi je vous glisse à nouveau le conseil d’envisager toutes les possibilités pour votre accouchement sans vous créer d’idéal.

Heureusement que le papa a pu être à mes côtés dans la salle d’opération. Malheureusement, cette possibilité dépend des circonstances et du corps médical. 

Aussi, n’étant pas endormie avec seulement le bas du corps anesthésié, j’ai trouvé l’opération très désagréable. Je ressentais du froid lorsqu’on me badigeonnait de bétadine et je pense que cela a contribué à ma panique. J’ai regardé mon Amoureux en lui disant : « ils ne doivent pas commencer je ne suis pas encore anesthésiée! » et celui-ci m’a répondu que j’étais déjà ouverte. Même par césarienne, le chirurgien a eu du mal à sortir ma fille, et l’a bien fait savoir en râlant, et j’ai ressenti une pression intense sur le haut du ventre, celle qu’il appliquait pour sortir mon bébé. Il a ensuite sorti le placenta puis m’a recousu à l’aide d’agrafes. J’ai aussi le souvenir d’avoir vu une quantité de sang astronomique parterre et observé les premiers coups de serpillère, gestes qu’on voit moins lorsque toutes les salissures sont au bout de votre corps parterre… 

Bref, je ne revois pas cette opération comme une étape où toutes sensations est anesthésiée, loin de là, c’était désagréable et psychologiquement douloureux pour moi.

Les suites de la césarienne à la maternité

  • Le passage en salle de réveil

Malgré cette crise de panique qui m’a donné un torticolis, j’ai le merveilleux souvenir que c’est le papa de Juliette qui me l’a présentée dans la salle d’opération comme si c’était lui qui l’avait mise au monde.  Je garde aussi un joli souvenir de mon passage dans le couloir sur brancard le voyant torse-nu en peau à peau avec notre fille (bien que je crois qu’il a dû crever de chaud sous lampe chauffante !). D’une certaine façon, le personnel médical l’a bien plus impliqué dans la naissance de Juliette que dans celle de Pierre.

Totalement dans le gaz, on m’a emmenée en salle de réveil où une gentille infirmière m’a surveillée pendant 2 heures. Début août, la salle était vide et les rayons du soleil dardaient dans la pièce. J’avais beau subir des soins infirmiers (surveillance des saignements, de ma tension, de ma température, prise en charge de la douleur, me mettre des bas de contention, etc.), je me souviens de ces deux heures comme d’un moment très reposant pendant lequel je me suis endormie paisiblement, sous l’influence des médicaments, en sachant que mon bébé allait bien dans les bras de son papa. 

Dans mon histoire, Juliette et son Papa ont pu descendre en salle de réveil pour que je lui donne la tétée d’accueil (à ma fille hein! Pas au Papa! ah ah!). Il y avait avec lui l’auxiliaire de puériculture qui m’avait suivie pendant le travail et que j’avais failli mordre tellement je souffrais. Puis Laurel, la sage-femme adorable qui s’est occupée de moi en salle d’accouchement est venue aussi me féliciter, prendre de mes nouvelles, etc. Bref, une équipe médicale qu’on a bien appréciée !

Le chirurgien aussi est venu me voir et m’a expliqué qu’un accouchement par voie basse aurait pu être fatal pour mon bébé puisqu’elle avait fini par s’enrouler le cordon autour du cou, empêchant ainsi de défléchir la tête et que mes mesures de bassin étaient trop justes par rapport aux mesures de ma fille… Je vous laisse visualiser le drame d’un accouchement en siège dans cette configuration, avec mais cela a clôturé mon rapport négatif avec la césarienne : c’était l’opération qu’il fallait pour que ma fille aille bien donc c’était bien cela l’essentiel. 

  • Arrivée dans la chambre

Je me souviens que la sonde urinaire et la perfusion intraveineuse m’ont été retirées dans la chambre.  

Je me rappelle aussi avoir ressenti une énorme fatigue, d’allaiter mon enfant alors que j’avais un torticolis me faisant mal jusqu’au bout des deux bras malgré les antalgiques reçus pour les douleurs dues à la césarienne. 

Comme une copine infirmière libérale, ayant elle-même vécu une césarienne, me l’avait recommandé, j’ai demandé à me lever dans la soirée alors que ma fille était née en milieu d’après-midi. Juste me mettre debout 10 secondes environ 6 heures après l’opération, pour mieux récupérer et je vous le recommande aussi. 

Les 40 heures qui ont suivi la naissance, j’ai dû dormir 4 heures en tout… Rappelez-vous la nuit de java à la maternité dont je vous parlais dans ma vidéo sur le post-partum ! Même si le Papa a pu dormir à la maternité la première nuit, le fait de devoir retourner à la maison s’occuper de l’aîné diminue son taux de présence à l’hôpital. Qui plus est, le fait d’allaiter sollicite forcément davantage la maman… Il me la mettait au sein mais j’étais très mal à cause de mes douleurs post-stress ! Je vous recommande plusieurs choses :

    • le coussin d’allaitement n’est pas une option qu’on ramène le lendemain mais il doit d’office faire partie de la valise de maternité. Je me suis aperçu bien plus tard que le coussin d’allaitement de la maternité était bien plaqué dans un placard !
    • votre oreiller n’est pas une option. La literie de l’hôpital est horrible et ça m’aurait beaucoup réconfortée d’avoir mon oreiller si confortable et j’y aurais gagné en énergie pour les jours suivants.
    • demander à ce qu’on vous mette bébé au sein en vous allongeant sur le côté. Pratique d’allaitement que je faisais beaucoup chez moi et que je « n’osais » pas trop faire à la maternité, je ne sais pas trop expliquer pourquoi. Peut-être parce que cette position me paraissait plus réservée à la maison, par pudeur, et parce que je me souviens être tellement fatiguée d’avoir peur que bébé tombe ou surtout que je m’endorme à côté et l’écrase.
    • faire comme nous : expliquer à la famille qu’on préfère qu’ils attendent le lendemain pour venir voir le nouveau-né, histoire de récupérer un peu et de profiter de ce moment en douce intimité. Avec du recul, j’attendrais presque le jour 3 pour les visites (je ne parle pas de Pierre bien sûr avec qui j’avais tellement hâte de voir la rencontre) car tout le monde est venu en même temps encombrant la chambre, c’était très fatiguant et excitant pour Pierre… Ensuite, ce sont les visites du personnel de l’hôpital qui ne s’arrêtent pas et on ne peut absolument pas dormir!
  • La marche dans les couloirs dès le lendemain 

Encore une fois, je vous recommande vivement de vous lever et de faire des pas 24 heures après la césarienne pour plusieurs raisons :

    • prévenir le risque de phlébite (certaines maternités prescrivent des anticoagulant, moi je n’ai eu que des bas de contention). 
    • pour favoriser la reprise du transit. Effectivement, des gaz s’accumulent avec la césarienne et ça constipe. Si vous le supportez, je vous recommande de masser vote ventre dans le sens des aiguilles d’une montre pour faire descendre les gaz, bref il faut péter quoi ! Appelons un chat, un chat !

Bien sûr, pour ces premiers pas, on a l’assistance d’une sage-femme et on se lève doucement… 

  • Des pertes plus abondantes

Dans le cas d’une césarienne, les lochies sont plus abondantes. Youpi, merci la vie ! Sans blague, c’est très désagréable mais inévitable. Je vous raconte pas le plaisir de se doucher ensuite. Une astuce pour sa dignité : ramener une serviette de bain noire pour se sécher les parties intimes et éviter d’afficher du linge tâché dans la salle de bain. 

  • le démarrage de l’allaitement 

Dans l’idéal où vous retrouvez tout de suite votre bébé dans votre chambre, la césarienne n’empêche pas un bon démarrage de l’allaitement maternel. Pour mettre toutes les chances de son côté, on peut se renseigner sur la capacité de la maternité à nous accompagner dans l’allaitement et choisir sa maternité en fonction… 

Pour que l’allaitement fonctionne, il faut veiller à allaiter à la demande et solliciter l’aide du papa ou du personnel médical pour vous placer bébé (en vous allongeant comme je disais plus haut) pour ne pas vous créer de tension dans les bras. Retrouvez mes conseils pour démarrer sereinement un allaitement dans cet article

Au deuxième enfant, on ressent aussi les douleurs de tranchées, ce qui est atroce voire à mon sens plus douloureux que les suites de la césarienne mais les deux couplés sont difficiles à supporter au démarrage de l’allaitement. Le doliprane est alors conseillé pour soulage mais de l’aide, de l’aide, et encore de l’aide, c’est top.

  • Le soin de la cicatrice à la maternité

Durant mon séjour, une sage-femme a nettoyé chaque jour ma plaie et a retiré le pansement après 48 heures. Comme le ventre et la partie ouverte sont gonflés, la cicatrice parait plus large que ce qu’elle ne sera au final. Ma cicatrice fait 14 cm de long et j’avais l’impression qu’elle en faisait 20 la première fois que je l’ai vue. Et avec les agrafes, j’avais le sentiment d’avoir le sourire du chat d’Alice aux pays des merveilles sur le haut du pubis! Autre astuce : les culottes filets jetables ne sont pas idéales à cause de la cicatrice (j’ai un mauvais souvenirs de la maille se coinçant dans une agrafe) alors prévoyez des culottes en coton confortables ! 

Le retour à la maison après la césarienne : cicatrice et ceinture abdominale

  • Déléguer 

Je suis rentrée à la maison avec ma fille 4 jours après sa naissance. Je n’avais pas tellement de problème pour la porter… En revanche, la présence d’un grand frère et l’entretien nécessaire de la maison sous nos yeux fatiguent énormément. Je suis bien sûr pour l’allongement du congé maternité et celui du congé paternité pour que le papa puisse être présent un maximum pour aider au bien-être et repos de tous

Si vous avez vu ma vidéo sur mes habitudes d’organisation de maman, vous savez à quel point je trouve important de mobiliser toute la famille à faire des choses pour diminuer la charge mentale de la maman. Au retour de la maternité, le papa doit s’occuper de beaucoup de choses en plus de s’occuper de l’ainé, du chien et de profiter lui aussi de son nouveau-né! Alors pourquoi pas prendre une aide à domicile pour le ménage ? Dans le cas d’une césarienne, il est tout à fait possible que cela vous soit remboursé. Je n’ai pas fait appel à ce type de service et je le regrette bien!

  • soin de la cicatrice :

Une infirmière libérale m’a retiré les agrafes 48 ou 72 heures après mon retour dans mes souvenirs… 

Il est fortement déconseillé de se baigner pendant un mois donc en plein mois d’août, j’ai dit au revoir aux baignades… 

De plus, une fois que la cicatrice a été bien fermée, j’ai commencé à la masser à l’aide de ma crème corps habituelle pour stimuler la circulation et donc la cicatrisation. Certains utilisent des crèmes cicatrisantes (de La Roche-Posay ou Avène). N’ayant pas vu de résultats probants de ce type de crèmes sur mes cicatrices à la jambe, je n’en ai pas utilisé pour cette cicatrice en haut du pubis. Au départ, j’ai massé doucement mais j’avoue ne pas avoir aimé le faire. La manipulation de la peau à cet endroit sur soi est, je trouve, difficile mais tellement importante pour limiter les adhérences !  À savoir que le but du massage n’est pas seulement esthétique. Masser une cicatrice permet d’aider le processus de création de collagène afin que des barrières ne se créent pas au niveau de la peau. Le cas échéant, la cicatrice peut entrainer des douleurs ou troubles fonctionnels. 

LPG-endermologie-cicatrice

Voilà pourquoi j’ai fait des séances de LPG 20 mois après (à faire sous 2 ans si possible). Le LPG est une grosse machine plus connue pour son utilisation en esthétique pour éliminer la cellulite grâce à du palper-rouler mais cette machine a été créée pour atténuer les cicatrices notamment celles à la poitrine pour les victimes du cancer. Sur la cicatrice, le petit embout, comme un gros stylo sans mine, aspire votre peau avec douceur pour masser la cicatrice et la faire disparaitre au fil du temps.

LPG-endermologie-cicatrice-césarienne

Sur moi, je suis très satisfaite du résultat. La cicatrice n’est plus rouge mais rosée pâle. Ces séances de LPG m’ont aidé à retrouver des sensations tout autour de la cicatrice et à faire disparaitre des fourmillements que je ressentais parfois…

Effectivement, après une césarienne, une perte ou un changement de sensibilité (fourmillement,…) autour de la cicatrice peut perdurer quelques mois voire plus si on ne s’en occupe pas (car lors de l’opération, des nerfs sont sectionnés). J’ai pour ma part longtemps gardé ces sensations et la pratique du Pilates pour remuscler la ceinture abdominale, la marche et le LPG m’ont aidée à retrouver des sensations comme avant autour de cette cicatrice. Grâce au LPG chez un kinésithérapeute, j’ai retrouvé des sensations lorsque je passe mon doigt sur la cicatrice.

Cette prestation sous ordonnance médicale est remboursée par la sécurité sociale. 

Selon le chirurgien, la cicatrice peut être placée plus ou moins haute. Dans tous les cas, elle est dissimulée sous la culotte ou le bikini. Personnellement, je la tolère très bien. 

  • rééducations abdominale et périnéale 

Une césarienne n’empêche pas la rééducation du périnée, nécessaire avant la reprise d’une activité sportive. Bien que le périnée ait été moins malmené que lors d’un accouchement voie basse, il l’a tout de même été durant toute la grossesse. J’ai choisi la même sage-femme que pour ma première rééducation et celle-ci a été manuelle et mécanique. La seconde a tout de même été bien plus rapide car d’une part, j’ai eu une césarienne et d’autre part, j’étais sensibilisée du fait de ma première expérience de maman à faire travailler mon périnée, même pendant la grossesse. Ma pratique du Pilates avait aussi musclé mes muscles profonds, je pense.

Une rééducation abdominale pour faire des abdos chez un kiné m’a été prescrite pour être faite dans les 6 mois suivant l’opération mais je n’ai pas eu le temps de la faire. Je ne vous recommande pas de faire comme moi. En outre, j’ai repris le pilates 6 mois après et je me suis remusclée ainsi. 

Et vous, avez-vous vécu une césarienne ? Quel a été votre ressenti ? Si vous avez des questions, n’hésitez pas !

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3 Commentaires
  • Céline
    octobre 14, 2020

    Coucou,

    J’ai moi-même vécu une césarienne en urgence pour mon premier enfant qui était en détresse respiratoire. Je l’ai très mal vécu au début car j’avais l’impression de ne pas avoir « réellement » accouché. Bizarre comme sensation. Le papa n’a pas pu assister à l’accouchement (encore plus frustrant) et j’ai pu voir ma fille 10 secondes avant qu’elle soit emmenée en couveuse. Je suis d’accord avec toi quand tu dis qu’il faut envisager toutes les possibilités et ne pas penser à un idéal… Pour mon fils, j’ai eu un accouchement par voies basses, qui s’est mal passé, pour lui comme pour moi… j’ai regretté la césarienne à ce moment là!!

    Merci pour ton article!!
    Bises

    • Justine
      octobre 17, 2020

      Bonjour Céline, aïe aïe aïe, rien ne se passe jamais comme prévu on dit, et c’est si vrai pour les accouchements! J’espère que ton fils va bien maintenant…

      bisous
      Justine

      • Celine
        octobre 18, 2020

        Coucou,
        Oui mon fils se porte comme un charme, mais il est né avec les forceps, du coup des bleus un peu partout sur le visage et un torticolis congénital. Mais tout s’est vite résorbé. Bisous